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 Plus banale, tu meurs [event version longue]

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Tenshi
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MessageSujet: Plus banale, tu meurs [event version longue]   Mar 19 Déc - 6:52

Tiens, tiens, tiens, mais que viens-tu faire là petit lecteur ? Oh tu es un curieux et tu as vu qu’une nouvelle histoire a été rajoutée ? Tu sais que la curiosité est un vilain défaut ? Mais bon, qui suis-je pour te dire cela, moi dont la vie a été des plus banales, je ne vais pas te rouspéter car tu jettes un œil sur ma feuille. Je te dirais plutôt que cela ne vaut pas le coup que tu perdes du temps pour cela, qu’il n’y a pas vraiment de choses assez intéressantes pour que tu puisses être emballer. Cependant, lis et tu sauras par toi même qu’il aurait mieux valu que tu passes ton chemin…

Je suis née le 4 janvier 1983 dans le Sud-Ouest de la France, région où le bon vin coule à flot, où la pèche à l’alose est un sport bien reconnu, où les fêtes de village sont explosives. Tu te demandes pourquoi, petit lecteur, en étant française, je me retrouve avec un prénom aux origines asiatiques, c’est cela ? Oh, ce n’est pas si compliqué en fait, saches déjà que pour ma mère, je fus un petit miracle. C’était et c’est encore je pense, une femme splendide, courageuse, bienveillante, travailleuse et même trop si tu veux mon avis, mais qui n’a pas vraiment eu de chances autant dans sa vie amoureuse que pour sa santé. Des médecins l’ont diagnostiqué très jeune comme stérile, ayant dû subir une opération à l’âge de 24 ans aux ovaires pour une ablation de deux tiers. Des kystes avaient décidé de se loger pépères dans cette région spécifiquement féminine et il avait fallu que tout ceci soit éradiqué avant qu’il ne reste plus rien. Imagines donc, petit curieux,une jeune femme commençant sa vie d’adulte en sachant qu’elle ne pourrait procréer, qu’elle ne pourrait donner la vie, ce n’était point facile mais elle faisait avec. Elle avait, à ce moment-là, trouver un homme fort séduisant, élégant et qui lui contait fleurette à tout bout de champs. De leur union quotidien, rien ne se produisit mais selon les dires de mon paternel, c’est parce que le don Juan avait plutôt tendance à passer par la mauvaise porte. J’ai mis un sacré moment à comprendre cette expression, tu peux me croire. Dans tous les cas, mauvaise entrée ou non, son mari ne faisait pas que conter fleurette à ma mère, il avait tout un panel de jeunes femmes à son actif et lorsque ma mère le surprit dans leur lit conjugal avec soit disant sa cousine au quatrième degré, elle comprit qu’il ne valait mieux pas continuer ainsi. Après un divorce assez rapide soit dit en passant à cette période, ben pas d’enfants donc pas grand-chose à séparer, ma mère profita de sa vie de célibataire pour croquer un peu la vie, tout en continuant de bosser.

Sa meilleure amie, toujours fidèle pour les beuveries, l’accompagnait et c’est un de ces fameux soirs, en début 1982, qu’elle rencontra mon paternelle, qui lui aussi était bon fêtard. L’alchimie entre eux, il paraît hein car je n’étais pas encore là, enfin si dans les testicules du padre mais je ne voyais pas grand-chose, s’est faite aussi facilement qu’une anguille se glissant sous un rocher. Et pas loupé, grosso merdo, deux mois après, ma mère apprend qu’elle est enceinte. Miracle ! Une fille en plus, trop beau pour être vrai et une petite vie commença à bien grandir dans son ventre. J’en arrive donc à mon prénom. Ma mère ne savait pas trop comment me nommer, Ange étant déjà dans la composition de son prénom, elle ne me voyait mal m’appeler ainsi et le pater, lui, s’en fichait comme de sa première expérience sexuelle. Elle demanda donc à sa meilleure amie, qui allait devenir ma marraine, si elle avait une idée. A ce moment-là, celle-ci avait pour amante une japonaise, et par son biais, demanda une traduction du mot ange dans sa langue natale. Voilà, Tenshi est née ainsi.Bon, je passerais sur l’épisode de l’accouchement, y a pas vraiment grand-chose à voir et au pire si tu jettes un coup d’œil, tu n’y verras que du sang et des excréments alors bon, on va plutôt avancer  dans le temps.

Sachant que mon cerveau dérangé a préféré effacer de son disque dur la plupart de mes souvenirs, évitant ainsi une surcharge émotionnelle, je vais juste te raconter quelques bribes, de petits éléments tellement imprégnés dans les circuits de mes méninges, ne pourront jamais disparaître, et ceux même après une mort. Que dire, ces moments ont tous en commun un géniteur alcoolisé, une mère violentée moralement et physiquement, une enfant apeurée et ne savant pas quoi faire pour aider cette femme qui fait tout pour elle, jusqu’à subir les pires humiliations. Chaque jour, c’était la même rengaine : alcool, attente, alcool, violence, dormir et s’excuser. Les gens, qui faisaient semblants de ne rien voir, passaient dans nos vies, des amis, de la famille, tous ont fait comme si c’était banal et normal. Alors comment veux tu, petit lecteur, que moi-même, je ne puisse voir le monde autrement et ce malgré les années qui passaient. Je n’étais qu’une enfant qui avait dans son entourage une femme essayant de faire au mieux, un paternel qui buvait son poids en alcool et des personnes qui ne voulaient point entrer dans ce problème de peur de… de quoi d’ailleurs, pourquoi ne pouvaient ils pas faire un geste, juste un… Après tout, il ne tapait que sa femme, elle devait bien le mériter, ils devaient sûrement se dire tous cela.

Cependant, les actes perpétrées au début sur la femme se firent aussi sur la fille lorsque cette première ne pouvait être présente, qu’elle travaillait pour apporter le seul salaire familiale. Les jours passaient, les années passaient, les excuses aussi et les promesses envolées jusqu’au moment où des paroles ont été de trop.

J’avais environ douze ans, je me rappelle très bien de ce jour car je devais aller à une boom, et oui, à ma période c’était ainsi que l’on nommait les après midi anniversaire entre ado. Pas d’alcool, pas de cigarettes mais des bonbecs et des ballons, des slows qui se terminaient peut être sur un smack et qui faisaient rougir chacun d’entre nous. La veille, le pater avait promis de faire un effort et de nous laisser en paix, que j’aurais le droit à cet après midi sans souci, avec les enfants de mon âge et surtout avec le garçon pour qui j’avais le béguin. J’étais super excitée, trop heureuse, j’avais tout préparé, le cadeau pour l’ami prenant un an et ma tenue pour être trop craquante. Dans ma chambre,   Scatman côtoyait Céline Dion et son « pour que tu m’aimes encore » et Mylène lâchait de temps en temps un morceau d’ »Anamorphosée ». Dans ma bulle, je ne perçus pas cette petite intuition qui disait que quelque chose d’aussi beau ne pouvait être vrai. A l’approche du repas, je suis partie dans la salle à manger pour préparer le repas, comme toujours, et c’est là que je compris que l’engagement de la veille n’était que du vent. Le pas était franchi et le coup était parti, je me retrouvais encore une fois à devoir subir les dégâts des substances prises pendant l’attente. J’attendais patiemment, en position fœtale pour protéger mon visage, partie du corps que l’on ne peut toujours caché, que ma mère rentre, mon esprit envolé dans un monde où je dansais avec mes amis, où le coca, que pour une fois on avait le droit à profusion, coulait à flot. Quand enfin, je ne sentis plus rien pleuvoir sur moi, je me relevais difficilement pour voir où en était la situation et comme d’habitude, à peine rentrée, ma mère était l’objet de la fureur du géniteur. Les bugnes se faisaient sur elle, les mots débités avec rage rebondissaient dans chaque coin de la pièce jusqu’à mes oreilles et c’est là que le pater fit une erreur.

Va savoir petit lecteur, si ça se trouve, j’étais peut être arrivée à un trop plein ou je ne sais quoi mais j’avoue qu’il y a des paroles qui peuvent faire bien plus de mal qu’une main sur une tronche et celui-ci, je ne l’aimais absolument pas. Salope. Où l’avais-je entendu la première fois ? Pourquoi, pour moi, j’estimais que ce mot était pire que tout pour qualifier ma mère alors que tant d’autres avaient été crachés ? Comme je viens de te le dire, c’était peut être un tout : le mot, le fait que je n’aurais pas la chance de dire mes sentiments au garçon, une promesse encore dite en l’air… Une des nombreuses bouteilles de whisky traînait sur le sol à coté du bar, je la pris bien en main, soupesant son poids pour être bien sûr qu’elle ferait son effet. Je m’approchais tranquillement vers mon géniteur besognant ma mère au sol, sans aucune pudeur ni gêne de faire cela devant son enfant, les gémissements de douleur de ma mère résonnant sous mon crâne comme la litanie d’une personne priant pour son âme. Il ne percuta même pas quand une petite phrase sortit de ma bouche : plus jamais.  Néanmoins, je pense qu’il a dû sentir la bouteille se fracassant sur sa tête et lui faisant une belle entaille dont jaillit un beau filet de sang et qu’il le fit perdre connaissance. Plus tard, ma mère m’expliqua que l’adrénaline plus le poids du double litre ont fait que l’impact a été plus important qu’en temps normal, je lui ai répondu que je m’en fichais comme d’une guigne du moment que nous ne le supportions plus. Après cela, laissant le pater au sol, nous avons pris le maximum de choses que nous pouvions et partirent toutes les deux chez ma grand-mère. La séparation a été faite automatiquement et le divorce demandé ; un an après, il fut prononcé et j’étais sous la garde de ma mère sans aucun contact avec mon paternelle. Il n’en demanda jamais d’ailleurs.

La suite de ma vie se fit dans le peu de normalité qu’il me restait. J’ai suivi ma scolarité du mieux que je pouvais, me fis des amis sans rien leur raconter, mais plus j’avançais vers ma vie d’adulte, plus je voyais des cas similaires au mien qui confirmait bien que de nos jours, ce mode de vie était banal. Les années passées, j’ai obtenu mon bac, j’arrêtais les études peu de temps après pour pouvoir travailler et avoir mon indépendance, afin d’essayer de faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Cependant, le destin en décida autrement ou peut être que que nous recopions les erreurs de nos parents. Mon premier compagnon était un homme séduisant, galant, adorable et me contait fleurette pendant qu’il butinait ailleurs et je le savais. Je pardonnais, me disant que dans tous les cas, avec le passé que j’avais, je ne pouvais pas vraiment avoir mieux, jusqu’à ce que je le retrouve dans notre lit commun avec une de ces pouffes. Je mis un terme et notre séparation se fit comme une lettre à la poste, sans pleurs et sans regret. A l’âge de 26 ans, les médecins me firent le même pronostic qu’à ma mère à un détail près : tout me fut enlevé. Pas d’enfant, aucun miracle. Au moins, plus de pilule à prendre… Après cet échec, je ne cherchais plus vraiment à me caser et c’est ainsi que j’ai trouvé mon futur mari, lui aussi était sur le même site que moi sans l’envie de se caser. Nous avons discuté, exposé nos soucis, mon problème de fertilité et son problème de stérilité, quoi de plus banal, nous étions dans un sens pareil. Nous nous sommes rencontrés, apprivoisés, embrassés, caressés, cajolés, disputés, alcoolisés, et je vais m’arrêter là. Il n’était pas parfait, il avait ces à cotés, ses jeux, ses maîtresses, ses potes mais je m’en fichais. Je n’avais pas besoin de lui dire pourquoi des fois j’étais perdue dans un monde quand je le voyais rentré saoul, je n’avais pas besoin de lui dire pourquoi à chaque éclat de voix, mes bras se mettaient en position de défense, il s’en fichait. Dans un sens, ma vie banale avec lui me plaisait, même si au fond de moi, je sentais qu’une partie voulait se rebeller, briser ses chaînes pour tout mettre sans dessus dessous. Elle se tarit légèrement lorsque mon mari m’apprit qu’il avait eu un poste d’enseignant en Nouvelle Calédonie, j’étais heureuse car j’allais voyager pour la première fois de ma vie. Je ne savais pas à ce moment là que ce serait aussi le dernier car à peine un mois après notre arrivée, nous faisions cette fameuse randonnée sur le Mont Mou.

Pour le reste, mon cher lecteur, tu le sais déjà. Alors tu vois, je t’avais bien dit que ta lecture allait être insipide et inintéressante car dans toute cette histoire et tu en conviendras bien, c’est que tout ceci est bien banal dans la vie de tous les jours. Cependant, je te remercie d’avoir quand même fait l’effort de rester jusqu’au bout car pour une fois, j’ai pu raconté à quelqu’un mon passé.
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