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 Joyeux anniversaire Théo. |Event version longue|

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Théodora
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MessageSujet: Joyeux anniversaire Théo. |Event version longue|   Ven 17 Nov - 15:06

Puisqu'il faut parler de soit, commençons quelque part. 
Bien que je sois née en France, mes parents, eux, étaient anglais. Ils se sont rencontré enfants, dans une école privée, une école militaire, pour être exact. Mon père m'a toujours raconté que ç'avait été le coup de foudre. Ma mère aurait plutôt dit qu'elle aurait vu lui coller des baffes.
Qu'importe. Ils se sont fréquenté, comme des amis, comme des amants. Puis ils se sont fiancés. Leurs familles - ma famille ? - s'y sont farouchement opposé. Et voilà les jeunes fiancés obligé de quitter le pays pour vivre heureux. Pas très longtemps. Ils se sont mariés jeunes, vingt ans, puis je suis arrivée. Tout était beau, on avait tout pour être heureux. 
Mais ma mère est tombée malade, peu après ma naissance. Je ne m'en souviens pas, c'est flou, mais je suppose que si sa fin a ressemblé à la mienne, ce n'était pas beau à voir. Cinq ans ont suffit à l'emporter. J'allais sur mes six ans.
Je crois qu'inconsciemment, mon père m'en a voulu. En tout cas, ça a suffit pour qu'il s'éloigne de moi. Le boulot d'abord, moi après. Jusqu'au collège, c'est une nourrice qui m'a élevé. Elle m'aura donné bien plus d'amour que mon paternel, mais je lui pardonne. Je crois.
Au collège, mon père m'a envoyé dans la même école où on l'avait envoyé lui même plus jeune. Internat en Angleterre donc. Paraît que ça forge le caractère... Moi j'avais l'impression d'être un colis encombrant dont on se débarrassait, vite fait, discrètement. 
A peine onze ans et tellement de colère à évacuer... J'étais une élève studieuse sur les bancs de l'école, mais une furie dans la cours de l'école. J'en voulais à la terre entière pour la mort de ma mère, l'abandon de mon père, l'éloignement si soudain. 
C'est à ce moment que commencèrent les conneries. Je volais dans les magasins à partir de onze ans. Les fugues de l'internat commencèrent un an plus tard. Je connaissais le bâtiment et l'école comme ma poche après tout. Mais mes notes ne baissèrent pas. 
A treize ans j'ai commencé à me battre. Avec tout, tout le monde. La moindre provocation me faisait sortir de mes gonds, j'étais réputée pour ça. Sinon, le reste du temps, je ne semblais pas éprouver d'émotion. Exactement comme mon père, que je renvoyais pendant les vacances et les fois où l'école le convoquait pour parler de mon comportement. 
Jamais un mot doux ni une attention de la part de mon géniteur. De l'indifférence au mieux, de la colère souvent. Mais il n'a jamais levé la main sur moi, moi qui ressemblait tant à ma mère.
A quatorze ans, j'ai commencé à fumer et sortir avec des mecs bien plus vieux que moi. Des gars louches, bien sûr. Ça faisait enrager mon père. Rapidement, j'ai aussi perdu ma virginité. Je ne sais même plus avec qui, j'ai préféré oublier son nom et son visage, il n'avait aucune importance. Ni lui, ni aucun autre.
Quinze ans, je me suis enfoncé dans mes conneries. Toujours des gars louches. L'alcool en plus. Parfois un join ou deux. Tout pour faire réagir l'auteur de mes jours. Pas d'autre réactions que la colère, puis vinrent la fatigue et l'indifférence de l'adulte qui ne comprenait pas. Je lui pardonne. Mais à l'époque je ne savais pas quoi faire. Si j'avais été simplement lui parler, lui dire ce que j'avais sur le coeur... Ça aurait sûrement tout changé. En attendant...
Seize, dix sept, dix huit ans... Rien de nouveau, toujours excellente élève, toujours les bastons, les mauvais garçons, l'alcool, le sexe, la drogue parfois. Puis vint la maladie. Je l'ai ignorée volontairement. Comme si faire l'autruche allait changer un truc. Naïve que j'étais.
L'entrée à la fac me fit rentrer en France. De retour chez le paternel, dans notre grande maison froide et inhabitée. Enfin, habitée que par lui, et le fantôme de ma mère. En douze ans, rien n'avait bougé. Toujours les mêmes photos dans les mêmes cadres, les mêmes meubles aussi, même disposition. Seule la cuisine s'était modernisée ainsi que la télé du salon.
J'ai caché les premiers signes de ma maladie trois ans. Trois ans à lutter contre l'inéluctable. A mes vingt et un an, mon corps me lâcha. Mon père me fit admettre à l'hôpital de force. Le diagnostique tomba rapidement, la même maladie qui avait emporté ma mère si vite. Je ne me souviens plus du nom. Je ne l'ai pas retenu. Tout ce que je savais, c'est que j'allais mourir. Et ma relation avec mon père s'empira encore. Chaque échange se terminait en dispute. Des cris, des larmes, jamais de coups. Toujours pas de contacts. A quoi bon ?
J'ai continué mes études, tant bien que mal. Vacillante. Telle une flamme dans un courant d'air et je n'ai plus eut de contact avec mon père jusqu'à la fin de mon doctorat. Doctorat dont je savais qu'il ne me servirait jamais. A quoi bon, j'allais mourir après tout.
Toute fois, j'avais cette envie de me réconcilier avec mon père. Même s'il désapprouvait mes choix de vie. Même s'il revoyait tellement ma mère à travers moi. C'était mon père et malgré tout ça, je l'aimais. Je ne voulais pas partir fâchée. Il allait s'en vouloir, c'était sûr. Alors, j'ai repris contact. Ce fut dur, j'ai du faire des compromis. De toute façon, j'étais devenue trop faible pour lutter de quelques manières que ce soit. Il paya mes soins, devenus trop onéreux pour moi désormais. Inutiles aussi. Mais je n'avais pas le coeur à lui dire. Je voyais trop d'espoir dans ses yeux. C'est ainsi que s'écoulèrent mes deux derniers mois. Moi qui avais été si libre, si rebelle. J'ai passé mes deux derniers mois dans une chambre d'hôpital sous les yeux de mon père. Regardant les jours sans trop y croire.
Ce fut le jour de mon vingt sixième anniversaire que la grande faucheuse vint me rendre visite, alors que j'étreignais mon père pour la première fois depuis si longtemps. Comme s'il avait compris lui aussi. Juste le temps pour lui de me souffler un "Je t'aime". Mon corps lâcha pour la dernière fois, je ne me réveillerai plus dans ce monde là.
Joyeux anniversaire, Théodora.
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